Qui était James ESDAILE ?

Une preuve de l'efficacité de l'hypnose

  Un chirurgien écossais en 1830 !

  James Esdaile obtient son diplôme de médecin et chirurgien en 1830, à Edimbourg. À l'époque, ni l'anesthésie, ni l'aseptie n'ont été découverts, et les chirurgies se terminent une fois sur deux par  une infection post-opératoire. Comme les antibiotiques n'existent pas non plus, la moitié des patients décèdent pendant ou après la chirurgie.

   Or Esdaile souffre d'asthme et de bronchite chronique depuis l'enfance, et il se dit que le climat en Inde serait meilleur pour lui. Il obtient un poste à la Compagnie des Indes, et s'embarque pour Calcutta en 1831.

Là-bas, il est confronté à beaucoup de patients atteints d'énormes tumeurs scrotales dues à une filariose, un parasite, qu'il doit opérer. Pendant près de15 ans, il réalise des chirurgies classiques. Rentré en Ecosse quelques mois, il assiste à une démonstration d'hypnose (mesmerism en anglais). Très intéressé, il prend contact avec James Braid, qui lui décrit sa technique d'hypnose et lui confirme qu'il l'utilise pour supprimer la douleur.     De retour à Calcutta, en 1845, Esdaile décide de se lancer et hypnotise son premier patient. Il constate que celui-ci, plongé dans un état de transe très profonde, ne réagit pas à la brûlure d'une bougie. Il pratique l'intervention sans douleur de la part du patient, et constate que sans le choc opératoire de la souffrance le patient récupère très vite et sans infection.

   À partir de ce moment, il va réaliser près de 3000 chirurgies, et alors qu'il se lave les mains APRÈS l'opération, comme cela se fait à l'époque, il n'a plus que 5 % de mortalité !

  Il devient si célèbre en Inde qu'il peut ouvrir sa propre clinique, le mesmeric hospital.

  Sa technique d'hypnose est longue à mettre en œuvre mais très efficace. À l'époque, on fait des passes au-dessus du corps du patient pendant 4 à 8 heures d'affilée dans une pièce obscure, mais les infirmiers indiens sont patients et disciplinés, et ils se relaient jusqu'à ce le patient soit suffisamment profond dans la transe.

  Il multiplie les conférences et publie un livre pour la diffuser.

  Contre ses détracteurs, il explique : "Soit mon patient après l'opération raconte: ah j'ai fait une bonne blague au chirurgien, il me découpait de gros morceaux de mon corps, et moi je disais que je ne sentais rien du tout et il m'a cru ! ou bien le patient ne sent effectivement rien."

  Il revient en Grande Bretagne et cherche à populariser sa méthode. Hélas, les grands pontes de la médecine qui tiennent le haut du pavé à Londres ne veulent pas entendre parler d'une méthode qu'ils n'ont pas inventée. Ils refusent la chirurgie sans douleur comme ils refuseront l'accouchement sans douleur un peu plus tard, lors de la découverte de l'anesthésie. Et l'hypnose est difficile à mettre en œuvre en Angleterre. Alors la technique tombe malheureusement dans l'oubli à son décès en 1859.

   Mais les statistiques sont là : Sans anesthésie, sans aseptie, sans antibiotiques, Esdaile passe d'un taux de mortalité pendant et après l'opération de 50 % jusqu'en 1845 à seulement 5%, grâce à l'hypnose, qui évite le choc opératoire et permet au corps de se défendre bien mieux des infections.

Image de Barun Ghosh
Taj Mahal